Voyage au Mémorial de Caen
6 juin 2021
Et bien non ce voyage n’aura pas lieu le 6 juin, mais le 2 juin 2021.
Départ en car de Bercy/gare des « cars Macron » (Flexibus) à 6h. Retour en train arrivée à Paris 23h.
La visite sera détaillée dans le car.
C’est une erreur de date volontaire. Vous savez tous que l’anniversaire du débarquement des Alliés à Caen est le 6 juin. Cette date tombant un dimanche, nous ferons le voyage en semaine le mardi, toujours au format rapido. C’est là un des grands avantages d’habiter Paris. Pas de pyjama, pas de tracas d’hébergement, un panier pique-nique suffit.
Tout d’abord, lisez ce témoignage historique de ma marraine et son mari, qui vivaient à Caen à ce moment là. La lettre est envoyée de Montargis peu après leur départ de Caen, à ma mère Suzanne, alors normalienne, professeur stagiaire à Moulins. Peut être l’avez-vous déjà entendue ? Elle a été diffusée en 2019 sur les ondes de France inter qui fêtait les 75 ans du débarquement.
Copie de la lettre de Maguy à Maman : la mise en page, ponctuation, grammaire et l’orthographe sont respectés
|*|changement c’est tonton Henri qui prend la plume
| » Montargis 30 juin 1944 Ma vieille Suzon Enfin nous voici à l’abri des bombardements, canonades et du mitraillage je t’assure que nous avons eu bien des émotions et souvent en racontant tout cela je me demande si c’est bien moi qui ai vécu tout cela, il me semble plutôt que c’est un affreux cauchemar. tu attends des détails avec impatience, les voici : depuis le matin très tôt nous entendions des bombardements lointains très lointains on aurait cru un très fort orage grondant sans arrêts, à 6h passe un homme devant la maison qui nous dit avoir entendu dans un poste clandestin que les anglais étaient débarqués sur divers points de la côte, sur ceci nous nous habillons chaudement : je prends les couvertures du lit lampe à alcool, sous [?], lait concentré pour Annick et quelques boîtes de sardines, nous nous préparons à gagner la campagne par derrière la maison _____ quand des hommes de la défense passive passe dans les rues, et disent aux hommes de ne pas sortir de chez eux, que l’on ramassait les civils en ville (chose fausse d’ailleurs) nous passons | la matinée à la maison, je prépare le déjeuner nous voyions les uns les autres tous restaient là a 13h1/2 tout de suite après le déjeuner je monte Annick au lit et comme nous ne voulions pas la quitter nous nous allongeons à côté d’elle, il n’y avait pas 5 minutes que nous étions là qu’un grand tremblement secoue la maison, des éclats de verre, des morceaux de poutre, des moellons tout cela arrivent dans la chambre, je serrais ma fille sous moi, cela a duré 1/4 d’heure, n’entendant plus rien, le loup dresse la tête et me crie : le feu! nous descendons le plus vite possible|*|ce n’était heureusement qu’une poussière très épaisse, nous descen dons en hâte à peine arrivé dans la cour au pied d’un petit mur nouveau chapelet de bombes nous recevons sur le dos cailloux terre branches etc… .Mais personne de blessé que des bleus le bombardement terminé chose horrible à voir la rue de la Figacière est 2)presque rasée il ne reste que notre maison debout très abimée et la moitié de celle de notre voisin Mr Dagarne [?] |
| Mme Ganillet [?] est blessée grièvement sur son lit je la transporte au poste de secours de St Gilles à mon avis elle n’a pas vécu. Mon voisin est enfoui sous les décombres (c’est Maguy qui l’entend appeler sans elle il serait mort étouffé) alors moi avec mes mains pendant 1 heure 3/4 je l’ai dégagé et sauvé et il vit. Après ce premier c’était horrible d’entendre appeler au secours, maman et les cris de douleurs de tous les côtés c’était atroce! Quand à la « Loute » elle a été d’un courage d’une bravoure exemplaire par moment même c’est elle qui me remontait le moral car plus tard je vais te raconter cela la maison fut rasée et de voir tout anéanti m’enlevait tout courage. Alors je continue Maguy et moi plein de courage et de confiance nous nous installons dans la cour sous le noisetier près de l’escalier du jardin j’y aménage un | bon abri recouvert de bois de chauffage heureusement car nous sommes restés Maguy Annick et moi 3 jours et 2 nuits pendant lesquels nous avons eu les plus gros bombardements et tirs d’artillerie. de mémoire 380 et 420 kg [unité gribouillée]mais c’était tellement violent que le troisième jour je décidais de partir dans un abri. Nous sommes allés dans l’église St Gilles heureusement pour nous car le lendemain de notre départ c’est à dire le quatrième jour je suis revenu entre deux bombardements voir ce qui restait de ma maison? Hélas une nouvelle bombe était tombée sur le garage anéantissant ma maison, une autre bombe dans le jardin et une autre en plein sur la maison à St Gilles là nous mangions avec les malades de l’Hopital St Louis qui est à côté de St Gilles Et tous les jours nous avions |
| des messages de plus en plus pressant du Préfet nous disant d’évacuer au plus vite le reste des habitants valides. Di bien que je me décidais enfin à partir. La traversée de Caen a été très pénible ___ 3) et difficile car le centre de Caen, là, ou vivait autrefois 40.000 Caennais il n’en reste plus le feu ayant anéanti ce qui restait debout. A la sortie de Caen j’achetais une brouette pour mettre Annick Nous avons fait ainsi 100km plus loin au sud de Gacé (Orne) j’achetais des vélos d’occasion et quels vélos!!…..7 pannes en moyenne par jour enfin en passant par Laigle Verneuil Chartres Pithiviers et Montargis couchant dans la paille nous sommes arrivés à | bon port. Tu devines la joie de Mémée et de tous personne n’en croyait ses yeux. Quand à Yves et Dany tu es très gentille ta décision de les emmener est merveilleuse et je t’en remercie j’en suis très très heureux donc merci beaucoup, si tu vois le cousin Jean remercie le et dis lui que je vais lui écrire ainsi qu’à Francine et embrasse les tous pour moi. Je te quitte car j’ai mal à la main d’écrire . Enfin nous sommes heureux nous avons la vie sauve et pas une blessure, mais quelle tristesse de ne plus rien avoir nous qui étions si bien installé et les armoires pleines de Maguy Gros baisers Henri |